Affaires d’Italie - La Question romaine et les cabinets (Récit Historique) par Charles de Mazade

Affaires d’Italie - La Question romaine et les cabinets (Récit Historique) par Charles de Mazade

Titre de livre: Affaires d’Italie - La Question romaine et les cabinets (Récit Historique)

Auteur: Charles de Mazade

Broché: 21 pages

Date de sortie: October 12, 2015

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Charles de Mazade avec Affaires d’Italie - La Question romaine et les cabinets (Récit Historique)

Extrait du livre :

Pour lui, le prix de la lutte, c’était le droit de se faire entendre sur les affaires italiennes, l’éventualité d’une délibération européenne sur les conditions de la péninsule, et c’est ce qui est arrivé en effet. Dans la séance du 8 avril, comme on sait, le congrès de Paris a examiné divers points de la situation de la péninsule. Du sein des conférences diplomatiques, la question italienne est passée dans les assemblées délibérantes, dans le parlement anglais, surtout dans le parlement piémontais, où elle a retenti. « La cause de l’Italie, a dit le président du conseil de Turin, M. le comte de Cavour, la cause de l’Italie a été portée devant le tribunal de l’opinion publique. » Effectivement l’opinion s’est saisie à son tour des affaires italiennes, et elle s’en est émue comme elle s’émeut toujours des grandes causes. Or, puisque ce procès s’instruit depuis quelques mois déjà, et que les gouvernements n’en sont plus sans doute à adopter un système de conduite, ne serait-ce point le moment de résumer ce débat, de mettre en présence les politiques diverses, en cherchant à démêler le plus exactement possible le vrai et le faux, ce qu’on veut faire et ce qu’on ne veut pas faire ?

Et avant d’aller plus loin, il faut bien le remarquer : il y a aujourd’hui, on pourrait le dire, deux questions italiennes. Il y a une question qui est tout entière dans la réalité des choses, qui ne sort point d’une sphère déterminée, prenant pour point de départ des faits constatés, des abus ou des erreurs de gouvernement, des faiblesses trop visibles, pour aboutir à la recherche d’améliorations pratiques et directement applicables aux faits eux-mêmes. C’est celle qui a été agitée dans les conférences diplomatiques. Lorsque M. le comte Walewski, comme président du congrès, a évoqué les affaires d’Italie devant les plénipotentiaires réunis, qu’a-t-il fait ? Il a mis en regard l’intérêt européen et la situation de divers états de la péninsule. Il a montré la persistance d’un système excessif dans le royaume des Deux-Siciles et l’efficacité qu’aurait une politique plus douce. Il a rappelé ce double fait connu de tout le monde, la présence des français à Rome et la présence des Autrichiens dans les Légations, et il a rendu sensible la nécessité d’une pacification intérieure propre à affranchir les états de l’église de cette occupation étrangère. En un mot, pour les gouvernements, la question italienne a ses conditions naturelles et ses limites. Il y a au contraire, on ne saurait le méconnaître, une autre question italienne, très vague, très indéfinie, où il y a place pour tous les griefs et toutes les plaintes, qui parcourt pour ainsi dire l’échelle de tous les désirs, de toutes les espérances, et même des rêves les plus chimériques. Pour les uns, c’est la destruction ou la transformation de la papauté ; pour d’autres, c’est l’unité de l’Italie. Pour ceux-ci, c’est la république ; pour ceux-là, c’est l’établissement d’institutions plus modérées. Tout se cache sous un seul mot, car si les Italiens s’entendent toujours sur certains points, ils sont malheureusement loin d’être d’accord sur le genre de soulagement auquel ils aspirent. Il s’ensuit que la politique européenne, la pensée des cabinets et l’opinion italienne, ou du moins une certaine opinion active, ardente et vague, ne suivent pas le même chemin. Il y a évidemment quelque inévitable malentendu. Si l’Europe reste sur son terrain, elle provoque d’amères déceptions au-delà des Alpes ; il en a toujours été ainsi. Si elle accepte la question italienne telle qu’elle cherche à s’imposer, elle peut compter sur la popularité, il est vrai ; mais aussi elle court le risque, beaucoup plus grand, de compromettre sa sécurité et son repos sans savoir où elle va et sans servir les vrais intérêts de la péninsule elle-même. À quoi cela tient-il, si ce n’est à ce mélange d’illusions et de besoins légitimes qui sont l’essence des affaires d’Italie ?

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